Cela faisait presque deux semaines que je recherchais le Loup dans les Abruzzes. J'avais déjà eu la chance d'en observer un brièvement et mes pièges photographiques en détectaient régulièrement, mais les rencontres restaient furtives et je ne parvenais pas réellement à comprendre leurs habitudes.
J'avais pourtant fait de nombreuses rencontres avec la faune locale. Mais pas de loups. Et cela commençait à devenir frustrant, d'autant plus que le secteur était réputé pour abriter l'une des plus fortes densités de loups d'Europe.
Alors que je commençais à ne plus vraiment y croire, une rencontre sur un chemin allait changer la suite de mon voyage. Un homme m'indique vaguement un secteur où des loups seraient régulièrement observés. Les indications sont imprécises et je n'y crois pas vraiment.
Pourtant, une fois sur place, mon instinct me pousse vers un secteur où de nombreux vautours semblent concentrés. Ils sont particulièrement nombreux, regroupés dans une zone précise. Je commence à me demander s'ils ne profitent pas régulièrement de carcasses laissées par les loups.
Je décide alors de prospecter les alentours et d'installer quelques pièges photographiques. Très vite, les premiers indices apparaissent. Les traces de loups sont partout. Plus j'avance, plus j'ai le sentiment d'être enfin au bon endroit.
Je décide de monter sur une crête pour prendre un peu de hauteur. C'est là que, très loin, j'aperçois mon premier loup.
Je m'installe alors en affût et décide d'attendre jusqu'au soir.
Les heures passent. Rien ne se produit. La lumière diminue peu à peu et la nuit commence presque à tomber. Je suis fatigué et à moitié assoupi lorsqu'un hurlement puissant retentit à quelques dizaines de mètres de moi.
Je tourne la tête. À une centaine de mètres, deux silhouettes se détachent sur une crête.
Deux loups.
Je n'ai que quelques secondes pour prendre une photo, juste pour garder un souvenir de ce moment unique. Puis ils disparaissent de l'autre côté de la montagne. J'en ai littéralement la chair de poule.
Quelques instants plus tard, un hurlement résonne sur la colline d'en face. Puis un autre. Et enfin des sons plus courts, plus aigus.
Des jappements, des louveteaux !
Je viens de trouver une place de rendez-vous, quelle chance.
Je passerai finalement la fin de mon voyage à observer et à entendre cette meute. Parfois sans même apercevoir les animaux, mais avec les hurlements qui résonnent tout autour de moi.
Un moment que je n'oublierai pas.